Chaque jour de la semaine, jusqu’au 20 juin journée mondiale des réfugiées, nous publierons un témoignage de vie pour rappeler les réalités de ces jeunes adultes, les obstacles rencontrés et leurs combats menés pour la dignité et leurs droits .✊️
BAC VALIDÉ. PARCOURSUP TERMINÉ. LA PRÉFECTURE BLOQUE NOS VIES
Lundi 15 juin - Le témoignage de Liana
Le jour où j’ai quitté l’Arménie, je ne savais pas encore ce que signifiait vraiment recommencer ailleurs. J’avais 16 ans à l’époque.
Je suis arrivée en France avec ma famille mon père, ma mère, mon frère et mo à la fin de l’année 2021, à cause de la guerre entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Nous avons été accueillis dans un CADA, où nous avons vécu pendant environ un an et demi. Pendant cette période, j’allais au lycée Joseph Gallieni, ce qui m’a permis d’apprendre la langue française et de faire mes premiers pas d’intégration dans ce pays. J’y ai aussi rencontré des amis.
Ensuite, j’ai passé un baccalauréat technologique, que j’ai obtenu avec la mention assez bien. Grâce à mon professeur de droit, Monsieur O, j’ai développé un véritable intérêt pour cette matière. C’est lui qui m’a guidée et qui m’a fait découvrir l’association RESF, qui organise de nombreux événements pour l’intégration des personnes venant d’autres pays.
J’ai également eu la chance de rencontrer ma marraine, Marie Cécile, une personne incroyable. Elle m’aide énormément, notamment pour les questions universitaires, et elle finance aussi mes frais d’études chaque été.
Ma première année de droit a été une véritable découverte, mais aussi un défi que j’ai réussi à surmonter malgré les difficultés. J’ai même eu l’opportunité d’effectuer un stage chez un avocat, grâce à Marie Cécile qui me l’avait trouvé.
Cette année est particulièrement plus difficile, il m’a fallu fournir deux fois plus d’efforts dès le début. Les examens ne sont pas encore terminés, mais j’espère obtenir des résultats positifs.
Dans le cadre de mes études, je dois effectuer un stage dans le domaine dans lequel je souhaite travailler plus tard. Dans mon cas, il s’agit du domaine notarial. J’ai rencontré des difficultés pour trouver un stage : certains cabinets étaient prêts à m’accueillir, mais lorsqu’ils ont appris que je n’avais pas de convention, cela est devenu impossible. En effet, la faculté de droit ne peut pas me délivrer de convention car ma situation n’est pas encore régularisée. Cela fait aujourd’hui quatre ans que je vis en France, et dans les métiers du droit, il est indispensable d’avoir une situation régulière, voire la nationalité française à l’avenir.
Malgré cela, je n’ai pas abandonné. Il existe encore des personnes prêtes à aider et à rendre possible ce qui semble impossible. Monsieur G, président de l’Académie des Francophonies et porteur de l’événement « Les Résonances Francophones », m’a énormément aidée. Grâce à lui, j’ai pu trouver un stage chez un notaire, qui m’accueillera dans son cabinet et m’apprendra les bases du métier.
Je suis très motivée à apprendre la rédaction des actes authentiques, et je reste profondément reconnaissante envers toutes les personnes qui m’ont aidée et accompagnée jusqu’à aujourd’hui.
Je suis entourée de belles personnes en France, et je peux également compter sur mes amis en cas de difficulté.
J’espère qu’un jour ma situation sera régularisée et que les choses deviendront plus simples.
