10 juin 16h30 préfecture !
Collectifs Bouge ta préf
BougeTaPref ! Journée nationale d’action
Mercredi 10 juin 2026, à travers la France
Le mercredi 10 juin, à l’initiative du collectif Bouge ta pref, plusieurs rassemblements sont organisés dans toute la France pour la défense des droits et de la dignité des personnes étrangères, chaque jour un peu plus bafoués.
Vous trouverez-ci-dessous le communiqué d’appel du collectif national, ainsi que le communiqué du collectif régional Île-de-France.
Collectif national Bouge ta préf ! Non aux dysfonctionnements administratifs des préfectures Oui aux pratiques qui respectent les droits des personnes étrangères
Le mercredi 10 juin 2026, les collectifs BougeTaPref ! mèneront des actions simultanées devant plusieurs préfectures à travers la France pour dénoncer les blocages administratifs qui empêchent des milliers de personnes étrangères d’accéder à leurs droits.
Depuis plusieurs années — situation fortement aggravée au cours des derniers mois — les difficultés d’accès aux services préfectoraux se multiplient : impossibilité d’obtenir un rendez-vous, absence de réponse de l’administration, retards massifs dans la délivrance ou le renouvellement des titres de séjour, blocages liés à la dématérialisation des démarches, impossibilité de joindre les services préfectoraux, etc.
Ces dysfonctionnements administratifs ont des conséquences matérielles et psychologiques concrètes et souvent dramatiques : perte d’emploi, perte de logement, perte de couverture santé, suspension des droits sociaux, impossibilité d’accéder aux services de France Travail, de la CAF ou d’autres organismes essentiels, qui peuvent conduire à des dégradations graves de la santé mentale.
Cette précarisation et cette angoisse permanentes pour des milliers de personnes découlent du non- respect par les préfectures des délais légaux et des obligations qui leur incombent.
Aujourd’hui des collectifs BougeTaPref ! présents en Île-de-France (Paris, Seine-et-Marne, Yvelines, Essonne, Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), à Grenoble, Rennes, Aix-Marseille, Lille, Saint-Étienne, Toulouse, Briançon, Nantes, et dans d’autres territoires, représentant des centaines d’associations locales et nationales, se mobilisent pour dénoncer, à l’échelle nationale, le scandale de ces entraves administratives contraires aux droits.
Ces collectifs se rassemblent autour de revendications communes pour que les pratiques administratives respectent les droits fondamentaux et la dignité humaine.
Les revendications du collectif national :
Garantir le droit d’accès à la préfecture et un accueil digne ;
Démonter le mur numérique ;
Garantir la continuité des droits par la délivrance effective des documents de séjour ;
Respecter les délais légaux d’instruction et renforcer les moyens de l’administration ;
Mettre fin aux sanctions subies par les personnes étrangères en raison des dysfonctionnements administratifs.
Partout en France, des collectifs BougeTaPref !
À peine sorti·es des périodes de confinement, les étranger·ères sollicitant un titre de séjour ont vu leur retour aux guichets préfectoraux entravé par la mise en œuvre progressive de la dématérialisation du droit au séjour des personnes étrangères.
Les interminables files d’attente, autrefois visibles devant les préfectures, ont disparu. Désormais, chacun·e se retrouve seul·e face à son ordinateur ou son smartphone en « dialogue » avec l’ANEF (Administration numérique pour les étrangers en France) véritable labyrinthe administratif numérique dans lequel il faut identifier la procédure correspondant à sa situation : « parent d’enfant français », « conjoint·e de Français », « bénéficiant d’une ordonnance de protection », « victime de la traite des êtres humains », « renouvellement de titre de séjour », etc.
Ce dispositif informatique national, déjà complexe à maîtriser, fait l’objet de modifications régulières qui renforcent encore les difficultés rencontrées par les usager·ères.
Chaque préfecture est censée mettre à disposition un « Point d’Accès Numérique » (PAN) permettant aux personnes en difficulté d’être accompagnées par des agent·es formé·es. Dans les faits, ces dispositifs sont trop souvent insuffisants, inaccessibles ou dysfonctionnels. Au-delà des restrictions introduites par les réformes législatives et les circulaires ministérielles, les personnes étrangères se heurtent ainsi à un véritable mur numérique.
Ces dysfonctionnements organisés relèvent d’un choix politique. L’objectif affiché de « modernisation » de l’administration masque difficilement la volonté de limiter les dépôts de dossiers et donc l’accès à la régularisation.
C’est pour lutter contre ces pratiques destructrices que, dès 2020, se sont constitués des collectifs BougeTaPref ! En effet, les constats sont similaires dans l’ensemble des préfectures concernées, ce qui révèle le caractère systémique de ces dysfonctionnements.
Ces collectifs se sont rassemblés à l’échelle nationale pour dénoncer ensemble le scandale de ces blocages administratifs bafouant les droits fondamentaux de milliers d’étrangers et d’étrangères.
Le collectif national BougeTaPref !
Paris, le 3 juin 2026
Collectif Bouge ta préf Ile de France !
A l’appel de Bouge Tes Préfectures qui organise des initiatives le 10 juin dans une dizaine de départements,
Le Collectif Bouge ta Préf Ile de France appelle à manifester contre la fabrique des sans-papiers !
Flou, arbitraire, incohérence, délais d’attente déraisonnables pour une convocation ou une décision, multiples dysfonctionnements informatiques pour l’accès au droit et le renouvellement des droits, tribunaux administratifs surchargés, peur des contrôles, violences policières, surexploitation salariale :
La maltraitance juridique, administrative et économique, tant des « sans-papiers » que des étrangers en situation régulière a atteint un tel niveau que plusieurs institutions ont émis des signaux d’alerte.
La Défenseure des droits dans son dernier rapport de décembre 2024, réitère ses critiques et constate « Les réclamations en droit des étrangers ne cessent de croitre ».
Le Conseil d’Etat dans son arrêt du 5 mai enjoint l’Etat à prendre toutes mesures utiles dans un délai entre 6 et 12 mois pour de mettre fin à certaines carences affectant le fonctionnement de la plateforme « Administration numérique des étrangers en France (ANEF) qui gère la plupart des démarches concernant les personnes étrangères.
Les syndicats de juges administratifs déplorent ne plus pouvoir rendre justice en raison de l’engorgement des tribunaux [1]
S’y ajoutent des associations [2], les prises de position des organisations d’avocats et les témoignages de plus en plus nombreux recueillis par la presse...
Face à ces constats convergents, le ministre de l’intérieur par une instruction du 5 avril 2026 invite les préfets à renforcer la stratégie en matière de réduction des délais de traitement des demandes de titre de séjour et de lutte contre les ruptures de droits et leur a attribué quelques moyens supplémentaires qui sont loin d’être à la hauteur.
La pénurie organisée dans les préfectures, les plateformes numériques (ANEF, Démarches numériques) obsolètes, bref la fabrique des sans-papiers relèvent d’une politique migratoire restrictive et strictement sécuritaire.
Les associations de défense des droits des personnes exilées d’Ile de France, réunies au sein du collectif Bouge ta Pref [3], appellent à se mobiliser le 10 juin à partir de 15h30 à Paris, Place de la Nation à côté de la statue et à se diriger vers le siège de la DGEF (Direction Générale des Etrangers en France) 20 rue des Pyrénées.
Elles exigent ensemble :
Un véritable accueil et des rendez-vous en préfecture pour demander ou renouveler les titres de séjour, ou solliciter la naturalisation ;
Le renouvellement rapide des titres de séjour pour éviter les ruptures de droits, et le renouvellement automatique pour les titres pluriannuels et les cartes de résident ;
Les moyens humains nécessaires au traitement rapide des demandes ;
l’abrogation de la circulaire « Retailleau » ;
La fin des OQTF qui frappent même des lycéen.nes et des apprenti.es.
La régularisation de toutes celles et ceux qui sont sur le sol français et participent à la vie économique, sociale et culturelle de notre pays : jeunes en formation, familles, hommes et femmes qui travaillent.
Des solutions d’hébergement pour tous ceux et toutes celles qui en ont besoin.
Collectif Bouge ta Préf Ile de France
Paris, le 2 juin 2026

